Des femmes et des hommes

 

L’affaire Weinstein a engendré une effervescence, une libération de la parole sans précédent depuis des décennies. Je voulais exprimer mon avis sur la question, mais je précise avant tout que ce qui suit ne concerne que l’Occident ; il y aurait beaucoup à dire sur le reste du monde, mais ce n’est pas mon propos ici.

 

Commençons par là bien entendu : les actes sexuels non consentis, les violences, quelles qu’elles soient, les abus de pouvoir doivent évidemment être condamnés par voie de justice (seulement, car on ne doit pas « balancer » un homme – ou une femme – nominativement sur les réseaux sociaux). Par extension, le combat féministe pour l’égalité politique, économique, culturelle, personnelle, sociale et juridique entre hommes et femmes doit être soutenu sans réserve, jusqu’à ce qu’il soit gagné une bonne fois pour toutes.

 

Mais l’égalité s’arrête là. Au-delà des différences physiques, quel homme ne s’est-il jamais dit : « décidément, je ne comprendrai jamais les femmes ! » (et inversement). Nous le savions tous déjà, mais les découvertes récentes en neurochimie semblent confirmer que les psychés féminines et masculines fonctionnent différemment. Les analyses de l’anthropologue américaine Helen Fisher sont également éclairantes : généralement, les femmes sont supérieures aux hommes dans l’expression orale (les hommes ne souhaitent-ils pas qu’elles se taisent parfois !), la négociation, la vision à long terme, la pensée holistique. Les hommes en revanche auraient une plus grande aptitude de concentration sur un sujet donné, si bien qu’il y a plus de génies masculins, mais aussi plus d’idiots que d’idiotes ! Ces différences doivent être acceptées, se conjuguer et se nourrir mutuellement. Mais il me semble que l’Occident prend un autre chemin depuis l’avènement du mouvement féministe. L’homme viril et la femme féminine disparaissent progressivement et on s’oriente vers des sociétés peuplées d’androgynes. Le féminisme de défenses des droits a libéré les femmes, tandis que le féminisme intellectualiste les éloigne d’elles-mêmes en faisant de l’égalité absolue sinon un nouveau Dieu, du moins un idéal à atteindre. Or un homme ne ressent pas de désir pour une femme qui veut lui ressembler, et inversement.

 

Un homme qui effleure volontairement la main d’une femme après un premier contact oral ou visuel accepté n’est pas un porc. La séduction n’est certainement pas une suite de demandes de permissions, mais d’audaces mesurées, d’« offenses » soft qui peuvent conduire au trouble du désir, voire au sentiment amoureux. Qu’y a-t-il de troublant dans « je souhaite toucher votre main, puis-je ? », et cinq minutes plus tard « je souhaite toucher votre genou, puis-je ? » On marche sur la tête. Dans le jeu amoureux, après la parole, les corps se rapprochent, progressivement. Évidemment, dès que la femme ne consent plus, le jeu s’arrête. L’homme qui insisterait davantage sera alors seulement dans son tort.

Il me semble fort heureux que les hommes draguent encore, sinon nous passerions toutes et tous nos soirées devant Youporn ou aurions des relations sexuelles fades, sans le trouble partagé né de l’audace, surtout masculine, reconnaissons-le. La femme ne « drague » généralement pas ; si le désir la brûle, elle séduit l’homme en lui envoyant des signaux plus ou moins explicites (parfois incompris de l’homme plus basique qu’elle) pour que celui-ci l’aborde. C’est vieux comme le monde, animal également.

Il faut ici se demander en quoi ces offenses soft, qui constituent la base de l’approche d’un homme et d’une femme depuis la nuit des temps, sont-elles  soudainement  un problème ? Qui veut d’un monde « moderne » de relations homme-femme réglementées par avance, faites d’autorisations préalables, sans conquête, sans risque du « râteau » ? Il me semble que seules les femmes qui n’aiment pas ou n’aiment plus les hommes rêvent d’un tel monde mécanique, fade et triste à souhait.  Que ces femmes-là s’aiment entre elles (ce qui m’excite par ailleurs !) et laissent tranquilles la gent masculine conduire son jeu amoureux avec les autres ! Mais d’où vient cette haine ? Peut-être certaines femmes ont-elles du mal à gérer leur propre complexité. Une femme peut très bien manager plusieurs hommes la journée dans une entreprise et jouir d’être l’esclave sexuelle d’un homme le soir. L’inverse existe aussi, bien que peu fréquent. Cette apparente contradiction domination/soumission dans son propre comportement est insupportable à certaines femmes. C’est absurde bien entendu. La relation sexuelle est ce lieu inconnu où le corps et l’inconscient peuvent se libérer et exprimer tout ce qui n’est pas possible dans le cadre sociétal : on aime soudainement la fessée, être pris(e) par les cheveux, se faire insulter, et j’en passe, et tout cela procure un immense plaisir. C’est ainsi. Cela n’a jamais été un problème. C’est la beauté de l’inconnu en nous, le résultat de 3,5 milliards d’années d’évolution, et aucun intellectualisme féministe n’y changera jamais rien. Mais aussi, ces femmes qui ne savent pas gérer cette fausse contradiction oublient qu’en premier lieu, si l’homme est là pour la « dominer » dans l’acte sexuel, c’est parce qu’elle l’a bien voulu, que l’esclave n’est pas celui qu’on croit : depuis le début, l’homme n’a eu de cesse que de quémander son consentement. La femme a tous les pouvoirs. La féminité est un rôle que la femme incarne à souhait pour jouer avec les hommes afin d’assouvir ses propres désirs. La virilité n’est qu’un rôle que l’homme s’est désespérément inventé pour cacher sa dépendance aux femmes.

 

Je bénis la colère divine de Zeus qui a séparé les androgynes en femmes et en hommes. Depuis, ils se cherchent mutuellement, et pour retrouver l’unicité originelle, ils jouent les rôles de la féminité et de la virilité, pour le plaisir de la comédie humaine.

 

Une réflexion au sujet de « Des femmes et des hommes »

  1. En fait qu’attendent les femmes :
    Cela se résume en un seul mot : « Le Respect »
    (dans leur vie professionnelle, familiale, sociale et de couple)
    A partir de là, tout rentre dans l’ordre.

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