Le vendeur de vélo (chez Leclerc)

Le 31 octobre 2006, je me suis rendu à Hossegor chez mon cousin ; en faisant mes courses au Leclerc de Cap-Breton, je vis un vélo et envisageai de l’acheter pour ma fille. Ce modèle d’exposition était le dernier vélo disponible dans cette catégorie, et malheureusement la selle était abîmée. J’appelle un vendeur et lui demande s’il peut changer cette selle en mousse. Il se renseigne, mais il n’y a en stock que des selles en plastique, que je refuse en pensant aux fesses fragiles de ma progéniture. Je lui demande s’il peut m’accorder une remise. Il refuse. Alors, je lui dis « il me parait normal qu’un produit endommagé soit moins cher qu’un produit en bon état » ; il commence à s’énerver (je ne sais toujours pas pourquoi d’ailleurs) et me répond « on ne change pas le prix ; c’est comme ça et pas autrement ». Le trouvant impoli, je lui dis « au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je suis un client qui essaie d’acheter un de vos produits au juste prix, mais il semble que vous vous moquiez complètement que j’achète ou pas ce vélo ». Alors, il me lance royalement avec un sourire qui en dit long sur son état d’esprit « de toute façon ça ne rentre pas dans mes poches ! » Il est employé certes, mais ne comprend pas que son salaire n’est possible que si son employeur fait des affaires. Il est totalement déconnecté de la relation vente/profit (et donc salaire) alors qu’il est vendeur lui-même. Imaginons que je me sois rendu dans sonmagasin, dont il aurait été propriétaire : il aurait trouvé pour moi une solution, car naturellement, une vente aurait signifié pour lui profit (et il aurait été de plus assez content de se débarrasser d’un produit endommagé). Mais ce n’est pas le cas. Je m’en vais donc et il garde son vélo ; le lendemain, j’en achète un autre ailleurs… Ce n’était qu’un exemple de la contamination de l’esprit du fonctionnaire sur le privé, sur tout un peuple, le peuple de France.

 

Extrait du livre « Français, réveillez-vous! »  que vous pouvez vous procurer chez votre libraire habituel et sur